Histoire du ninjutsu
Un peu d’histoire

Au moyen-âge japonais, le guerrier traditionnel était appelé "Bushi" ou "Buke" (ceux que nous appelons un peu à tort Samurai, ce qui signifie juste "serviteur"). Afin de défendre son seigneur, il apprenait l’art de la guerre et devait étudier l’art du combat à mains nues ainsi que le maniement de multiples armes.

Toutes ces techniques étaient utilisées et testées sur les champs de batailles car le Japon a connu d’innombrables guerres civiles intestines. Pendant plusieurs siècles, notamment pendant la période dite "Muromachi", les techniques de combat furent affinées pour être de plus en plus efficaces. Puis au fil des siècles, ces techniques furent transmises de générations en générations.

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Il existait cependant une autre classe de guerriers très habiles qui servaient d’espions, de gardes du corps, de stratèges, ou constituaient des troupes d’intervention. Ces guerriers était appelés "Ninja" (ou "Shinobi"). Ils constituaient l’élite des guerriers de l’époque mais étaient craints car ils vivaient souvent à l’écart de grandes villes et constituaient un pouvoir difficile à maîtriser pour les dirigeants de l’époque.

En effet, beaucoup d’entre eux habitaient dans les régions isolées de Iga ou Koga où ils règnaient en maîtres. D’autres furent acceptés comme conseillers ou responsables de la sécurité (comme le célèbre Hanzo Hattori, …), ont obtenu le statut de Bushi (Samurai) et vécurent en ville ou auprès de leur seigneur.

Beaucoup de gens croient (à tort) que tout Ninja est l’ennemi juré du Bushi (Samurai), et que les Bushi ne font que des actes nobles tandis que le Ninja ne serait qu’un tueur sans pitié ni morale ! Il n’en est rien ! Les Bushi avaient leurs propres excès, comme le droit de vie et de mort sur les gens du peuple (droit qu’ils exerçaient parfois simplement pour tester le tranchant de leur sabre).

Les clans Ninja (du moins la plupart) avaient eux aussi leurs propres croyances, leur philosophie et défendaient la Justice de leur seigneur par tous les moyens possibles. Il est difficile d’isoler un acte de guerre et de juger de sa moralité sans avoir toutes les informations.

De tous temps et partout dans le monde, les instances officielles sont toujours protégées et blanchies. On accuse alors souvent un subalterne ou les services secrets d’avoir effectué des dérapages qui ont pourtant été ordonnés par ces mêmes autorités sans reproches !

Beaucoup des techniques de combat sont mortes avec leurs utilisateurs sur les champs de bataille ou bien ont été oubliées (ou modifiées) par temps de paix, mais certains clans de guerriers Ninja et certains Bushi (Samurai) ont réussi à transmettre leurs connaissances jusqu’à nous.

 

Après avoir étudié pendant de nombreuses années les arts martiaux modernes (Budô) et anciens (Bugei, Bujustu, Kobudô), Hatsumi Sensei a été nommé héritier / successeur dans 9 de ces anciennes écoles ("Ryû"). Hatsumi Sensei enseigne ces différents styles au sein du Bujinkan, l’organisation qu’il a créée.

Pour désigner notre art, nous utilisons souvent le terme "Ninjutsu" (parfois "Budô Taijutsu"), mais en fait nous étudions 9 arts martiaux différents qui ont chacun leur propre nom, donné à l’époque de création de l’école (ou changé plus tard).

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Pour résumer, nous étudions

  • 4 écoles (ou styles) de Bujutsu (combat à mains nues, combat avec et contre armes) fondées par des Bushi (Samurai) puis intégrées et utilisées par des familles Ninja.

  • 2 écoles (ou styles) de Bujutsu (combat à mains nues, combat avec et contre armes) fondées et utilisées par des Bushi et sans lien direct avec les Ninja.

  • 3 écoles (ou styles) de Ninjutsu (espionnage et combat) fondées et utilisées par des familles Ninja.

 

Les techniques que nous étudions dans notre art martial (en fait, on devrait dire dans nos arts martiaux) sont donc très variées.

 

En effet, si une école est spécialisée dans des techniques de contrôle et de projection, une autre utilise les sauts et les frappes puissantes, une autre utilise toutes sortes d’armes, une autre apprend à faire face à un sabreur en plus du combat à mains nues, d’autres intègrent des stratégies et des méthodes de dissimulation, etc.