Le Ninjutsu est né au Japon il y a très
longtemps...
Le terme "NINJUTSU" est composé de 2
idéogrammes (Kanji) dont les sens sont "technique, art, méthode" et
"endurance, persévérance, discrétion, furtif".
Les "Ninja" sont donc des individus
(Ja/Sha) endurants et discrets (Nin/Shinobu/Shinobi).
Depuis les temps lointains, toutes les nations ont
eu recours à des espions ou des guerriers entraînés à récolter les renseignements. Le
Japon a pour particularité de codifier beaucoup de pratiques et de traditions. C'est
ainsi que la tradition d'utiliser des agents infiltrés et une police secrète fut peu à
peu élaborée.
C'est en 660 avant Jésus Christ que l'on trouve
l'une des premières traces de l'utilisation d'agents infiltrés au Japon. En ce temps, le
premier empereur, Jimmu Tenno, demanda à Shinetsuhiko et à Otokasi de s'infiltrer en
territoire ennemi afin de lui rapporter une argile précieuse. la mission fut un succés
et l'empereur finit par vaincre son ennemi.
Puis vers l'an 600 de notre ère, Otomo no Saijin
reçut le premier le qualificatif de "Shinobi" (furtif, discret) de la part du
prince impérial Shotoku. |
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Mais c'est de l'ère Chiryaku à l'ère Oho (de 1065
à 1163), que le Ninjutsu se développa vraiment à partir des enseignements de Hakku Un
Doshi, Kain Doshi, Daisuke Togakure,...
Puis, au cours des siècles, le Japon fut le berceau
de multiples groupes isolés qui donnèrent naissance à une multitude de traditions de
Ninjutsu.
Parmi toutes ces origines, on peut citer :
De nombreux immigrés d'origine Chinoise et
parfois Koréenne : Ils sont venus au Japon suite à des guerres ou des problèmes
dans leur pays et ont apporté de multiples documents et enseignements parmi lesquels des
traités de stratégie (Sun Tsu,...), l'art de la prestidigitation, les traditions
religieuses, de multiples méthodes de combat, la poudre noire, la médecine,...On peut
citer parmi eux Ibou, Cho Gyokko, Chan Busho, le clan de la famille Hatta (Hattori),...
De nombreux groupes d'artistes ou de nomades
: De multiples groupes d'artistes et de saltimbanques, parfois nomades ou équivalants à
nos gitans européens ont apporté leurs traditions : Prestidigitation, acrobaties, lancer
de couteau, jonglerie... mais aussi les penchants extrèmes que connaissent de tels
groupes : vol et travail de force pour les hommes, séduction et prostitution pour les
femmes, volonté d'autonomie du groupe ,...
De nombreux religieux : De multiples
ascètes, religieux et autres prêtres ou chamans (Sennin, Gyoja, Yamabushi,...) ont
apporté leurs connaissances spirituelles et guerrières, leurs méthodes de contrôle de
soi et leurs croyances à ces groupes. Ils vivaient souvent dans les montagnes et
formaient de petits clans.
De nombreux guerriers : Beaucoup de guerriers
(Samurai, Bushi, Buke, Ronin,...) se sont réfugiés dans les montagnes après avoir été
blessés sur un champ de bataille, ou bien chassés par un ennemi de leur territoire, ou
encore après la mort de leur maître. Ces guerriers ont apporté leur connaissance du
combat et de la stratégie, ainsi que leur culture générale.
Toutes ces influences se sont mêlées et ont donné
naissance à des groupes d'individus ayant les mêmes traditions et aspirations, vivant en
général en autonomie à l'écart des villes, et louant leurs services au seigneur local
ou au gouvernement militaire. De tels groupes avaient souvent pour but de continuer à
vivre au contact de la Nature, de rester indépendants du pouvoir en place, et de se
spécialiser en renseignements, stratégie, espionnage, ainsi que dans les interventions
"commando".
Dans ces périodes de guerre incessantes, l'attitude
du pouvoir en place était tantôt de les attaquer (ou plutôt de chercher à les
soumettre car ils refusaient d'obéir aux ordres), tantôt de les utiliser car les grands
seigneurs avaient néanmoins un besoin vital de leurs services...
De multiples groupes virent ainsi le jour (Suppa,
Rappa, Iga mono,...) et deux régions du Japon furent complètement contôlées par
ceux-ci : Iga et Koga. Selon la tradition orale transmise par Takamatsu Sensei, on
comptait dans ces régions pas moins de 73 écoles (Ryu).
Leur nombre augmenta à un tel point, qu'en 1581, le
général Oda Nobunaga, craignant pour sa vie, ordonna aux Ninja de Iga-Ueno de se
séparer. Comme ils n'obéissaient pas, il attaqua les 4000 Ninja d'Iga avec 12 000
hommes. La bataille fut cependant remportée par les Ninja. Quelques temps plus tard, Oda
Nobunaga revint à l'attaque avec 46000 hommes et des mousquets. la bataille dura une
semaine et le général eut finallement raison des courageux Ninja. beaucoup d'entre eux
moururent mais certains parvinrent à s'échapper dont le célèbre Sandayu Momochi...
Le pouvoir des Ninja se conforta à nouveau quelques
années plus tard, quand Ieyasu Tokugawa (pourtant ancien bras droit de Nobunaga) fut
aidé par Hanzo Hattori, chef Ninja de Iga, alors qu'il était sur le point d'être
capturé par son ennemi. Lorsque Ieyasu Tokugawa devint Shogun en 1603, il n'oublia pas
son fidèle allié et lui confia la gestion de la sécurité du pays. Les Ninja de Iga
furent ainsi employés par les autorités et ils continuèrent à se développer...
Les Ninjas, bien que toujours utilisés ensuite,
sont peu à peu retournées dans l'ombre et leurs connaissances se sont ensuite transmises
de générations en générations.
Au fur et à mesure que la paix relative gagnait le
Japon, de nombreuses traditions martiales furent abandonnées et les clans Ninja étaient
de moins en moins nécessaires au fonctionnement du gouvernement (bien qu' encore
employés épisodiquement). Beaucoup de familles abandonnèrent les traditions martiales
pour se tourner vers une vie plus moderne et plus paisible. Les derniers maîtres ou
pratiquants de Ninjutsu étaient contraints d'accepter de maigres missions de
renseignements, ou encore un emploi de garde du corps, d'instructeurs, ou de policiers.
Lors de l'avênement de l'ère Meiji (1868), le
gouvernement axa son développement sur le modèle occidental, révocant la caste des
guerriers et le port des sabres. C'est à cette époque que naquit Takamatsu Sensei. Il
reçut l'enseignement de son grand père Toda Sensei (descendant direct des Ninja de Iga)
et de plusieurs autres experts qui en firent son héritier. Il eut l'occasion de mettre
son art en pratique au Japon mais également en Chine, lors de séjours parfois
mouvementés. Il mourut en 1972, Maître Hatsumi avait hérité de ces traditions, qu'il
ouvrit peu de temps après à l'occident. L'école BUJINKAN est à ce jour la seule école
Japonaise reconnue comme ayant des racines historiques anciennes, réelles, et qui
enseigne toujours les traditions du NINJUTSU dans son programme... |